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Station d'épuration intercommunale

Situé au croisement des vallées, sur la commune d’Essert Romand, ce projet et cette construction ont été conduits pendant les 6 années du dernier mandat, par Jean Paul Baud, Maire de la Cote d’Arbroz, aujourd’hui encore membre du conseil syndical et reprise par Gérard Berger, Maire de Morzine Avoriaz.

 

La première station d’épuration intercommunale (Essert Romand - La Cote - Montriond et Morzine) a été mise en service en 1983, au même endroit. Elle avait une capacité de 600 m3/h en 1986, correspondant à 25 000 EH. Au fil des ans et compte tenu de l’engouement des touristes pour nos montagnes elle arrive à saturation et la qualité des rejets devient de moins en moins satisfaisante, d’autant que les exigences augmentent. En 1995 il est décidé d’agrandir et moderniser la station d’épuration. C’est aussi l’époque de la construction des immeubles du quartier de la falaise, deuxième tranche du lotissement d’Avoriaz.

 

Les études de la station ont duré pratiquement 6 ans, conséquence des modifications importantes qui y ont été apportées, et qui ont nécessité de relancer le concours de maitrise d’oeuvre à 2 reprises :

  • Tout d’abord, il a fallu repenser complètement la filière de traitement des boues, compte tenu des difficultés rencontrées à cette époque avec l’épandage agricole, qui était jusqu’alors la seule filière d'élimination. Le digesteur et le sécheur ont été rajoutés à la filière de traitement, pour réduire de manière importante le volume des boues, d’une part et d’améliorer leur qualité d’autre part, pour faciliter l’élimination (soit comme engrais en épandage, soit en cimenterie, soit par incinération).
  • Puis une deuxième remise en cause importante du projet, avec la décision de transférer les eaux de la commune des Gets, vers la STEP intercommunale conduisant à augmenter de 30 % la capacité de traitement de la station ; sans oublier la construction des collecteurs et stations de pompages nécessaires à ce transfert. Il faut savoir que la station d’épuration des Gets était elle aussi en passe d’être rénovée mais les craintes étaient réelles sur la capacité du milieu naturel à accepter les eaux de rejet ; (à savoir que le cours d’eau de L’Arpète, n’a pas toujours un débit suffisant) ; d’où les problèmes certains de faisabilité et de surcoûts.

 

Malgré les réticences administratives de l’époque, le principe du regroupement des 2 unités a été accepté, du fait que la commune des Gets possède un bassin versant, coté vallée d’Aulps. Ce regroupement a représenté globalement un gain économique et surtout un gain écologique important.
Le projet et les études finalisées, la consultation d’entreprises est lancée, et finalement le marché de travaux est notifié en 2004 à l’entreprise OTV. Les travaux ont démarré en avril 2005, et la mise en service s’est effectuée par tranches, entre décembre 2006 et aujourd'hui.

 

Il faut reconnaitre que le chantier a été particulièrement difficile , par sa taille déjà, par la présence de la nappe phréatique, avec 3 saisons d’hiver, le grand nombre d’entreprises, et surtout un chantier en site occupé, avec le maintien en service de l’ancienne station, ce qui a été une réelle prouesse technique.

 

Le fonctionnement de la STEP

La STEP comprend 4 bâtiments, correspondants aux 4 traitements successifs des eaux, plus un digesteur de boues :

  • Le traitement physique : c’est l’élimination des éléments solides et des corps gras
  • Le traitement chimique : c’est l’agglomération des particules plus fines, par l’adjonction de réactifs chimiques et leur élimination : on enlève ainsi la pollution particulaire notamment le phosphore,
  • Le traitement biologique : c’est une culture de bactéries dont la mission est de consommer les polluants carbonés ainsi que toutes les formes d’azote,
  • Le traitement tertiaire : il permet de traiter les boues résiduelles et d’éliminer le phosphore encore présent dans l’eau, afin que celle-ci soit conforme aux normes imposées pour maintenir la qualité des eaux du Léman.
  • Le digesteur qui permet de fabriquer du méthane, stocké dans cette boule blanche, utilisé pour le chauffage du bâtiment et le sécheur, ce qui, on l’a vu, a permis de réduire par 7.5 le volume des boues évacuées, et par 3 le coût du transport par rapport à la situation antérieure.

 

Les systèmes les plus performants et les plus modernes disponibles actuellement pour traiter l’eau et les boues ont été mis en place, et la logique environnementale a été poussée au maximum, avec par exemple un stockage des déchets ultimes permettant de planifier leur évacuation en dehors des périodes de grand trafic routier.

 

La qualité de l’eau rejetée à la Dranse est maintenant optimale et satisfait bien entendu les normes les plus exigeantes; d’ailleurs je vous encourage à en prendre un verre. Et notons également que l’installation est suivie en continu par un système de gestion centralisé depuis le poste de contrôle central.

 

Quelques chiffres :

  • La charge en matière en suspension passe de 4 966 kg/jour à 350 Kg/jour avec une concentration maxi de 20 mg/litre
  • Le phosphore passe de 153 Kg/jour à 8 Kg/jour, et une concentration de 0.6 mg/litre
  • Et l’azote de 713 Kg/jour à 90Kg/jour, avec une concentration maxi de 6 mg/l

 

Les normes de phosphore et d’azote qui sont imposées à notre station sont plus draconiennes que la normale ; cela pour obtenir une qualité maximale des eaux de la Dranse et du Léman, très surveillée par la CIPEL.

 

La capacité de la STEP est de 64 000 équivalents habitants, correspondant à 76 000 équivalents habitants touristiques selon les ratios «de charge » constatés depuis 25 ans. Le débit maximum acceptable à l’entrée de la STEP est de 2 300m3/h soit un volume traité de 55 200 m3/jour. Actuellement la charge maximale relevée correspond à une population de 50 000 EH, à comparer aux 76 000 possibles.

 

Cette station est par sa capacité la 2éme station du Chablais après celle de Thonon, et la 5éme du département.

 

L’exploitation de la station est assurée en régie directe par le SIVOM, avec un service de 4 personnes dirigé par Michel ROSSET, ingénieur, directeur de la station depuis sa création, dont la compétence est reconnue par tous les spécialistes. Par son expérience du terrain, Michel Rosset a participé au quotidien à la conception et à la réalisation de cet ouvrage, au côté du maitre d’oeuvre et je tiens à le féliciter aujourd’hui ainsi que toute son équipe pour tout le travail accompli.

 

Financement de l’opération

Le montant total de l’opération, achats des terrains, ingénierie, travaux, assurances et divers est de : 20 millions d’euros HT environ : 20’ 158 ‘000 exactement.
Financé par :

  • 51 % de subventions : soit 26% de l’agence de l’eau, et 25% du conseil général par le biais du SMDEA;
  • 17 % par une avance sur 10 ans de l’agence de l’eau
  • 32 % par le SIVOM ( 26% de prêts et 6 % par autofinancement)

 

Un aide importante a été apportée pour cette opération par l’agence de l’eau Rhône, Méditerranée, Corse, et le SMDEA. La charge correspondante à cet investissement ainsi que le surcoût de fonctionnement ont été anticipés sur les factures d’eau, depuis 2003, sur la base des montants estimés lors des études et validés par les entreprises lors de l’appel d’offres. Ce qui nous permet de dire que le montant des factures des usagers devrait être maitrisé pour les années à l’avenir.